La psychogénéalogie

La psychogénéalogie est une théorie développée dans les années 1970 par le Pr Anne Ancelin Schützenberger (Université de Nice) selon laquelle les événements, traumatismes, secrets, conflits vécus par les ascendants d’un sujet conditionneraient ses faiblesses constitutionnelles, ses troubles psychologiques, ses maladies, voire ses comportements étranges ou inexplicables.

Pour élaborer cette théorie, Anne Ancelin Schützenberger s’est fondée sur ses propres observations, et sur des concepts issus de la psychanalyse, de la psychologie, de la psychothérapie , de la systémique. Elle s’est aussi servi de l’approche humaniste développée par J.L Moreno dans les années 1930 permettant d’investiguer les processus psychiques de l’inconscient familial en utilisant le psychodrame, c-a-d la mise en œuvre d’une dramatisation au moyen de scénarios improvisés mis en scène et joués par un groupe de participants.

D’autres chercheurs sont ensuite venus enrichir sa théorie avec leurs travaux, comme Nicolas Abraham et Maria Törok qui ont  publié en 1978 un ouvrage intitulé « L’Écorce et le Noyau » qui met en exergue les concepts de « crypte » et de « fantôme ».

Didier Dumas, Serge Lebovici, Alessandro Jodorowski et Serge Tisseron y ont également apporté leurs réflexions et expériences.  Des approches complémentaires ont vu le jour avec Ivan Boszormenyi-Nagy qui a notamment introduit le concept de « loyauté familiale invisible« . Il a travaillé sur les notions de « justice », d' »équité » au sein de la famille, de « légitimité constructive et destructive » des enfants envers leurs parents et de « parentification ».

Quelques psychanalystes et médecins comme Georg Groddeck avaient déjà développé des théories imputant l’origine des maladies somatiques à des causes psychologiques.

Cette méthode  « est une approche thérapeutique qui ouvre sur le monde de nos origines à partir de la place que nous occupons dans notre famille, en se référant aux informations généalogiques et à la mémoire familiale afin de comprendre l’impact psychologique sur la descendance, d’événements douloureux qui se sont produits dans les générations précédentes. Dans chaque famille, les évènements antérieurement vécus laissent une trace affective au fil des générations.  En décodant le sens caché d’informations à caractère identitaire : prénoms, noms, lieux, métiers, et dates anniversaires, les portes de la mémoire familiale s’entrouvrent sur les lieux des secrets, non-dits, et souffrances vécues dans le passé familial. Face à l’arbre généalogique, l’individu trouve le sens de son héritage déposé à son insu dés sa conception. Chacun est à même de retrouver un potentiel d’action sur sa propre vie en éclairant les recoins d’un passé obscur qui ne demande qu’à être mis en lumière pour reposer en paix. »

bougainvillee

L’analyse transgénérationnelle « est un processus thérapeutique incluant la psychogénéalogie  qui s’attarde sur les trajets des  transmissions pour travailler en profondeur les sillons de l’héritage familial. Chacun est concerné par son histoire familiale, et nul ne peut échapper à une mémoire dont il est dépositaire  par héritage de par son appartenance familiale. »

Les constellations familiales est une méthode créée par Bert Hellinger.  « Outil complémentaire  offrant une perspective incontournable sur les dynamiques inconscientes de l’arbre généalogique, elle fait apparaître l’invisible des situations et des personnes occultées du système familial, permettant ainsi au consultant de situer sa place dans l’espace. Cette méthode ouvre le champ des possibles : s’extraire des transmissions aliénantes tout en se reliant à l’appartenance au système familial. »

C’est une thérapie familiale brève, basée sur la mise au jour de l’inconscient familial par le biais de jeux de rôles et de psychodrames, s’appuyant sur la notion de champ avec la dimension phénoménologique, pour résoudre les conflits non résolus. Son objectif affiché est de rétablir l’ordre dans le système familial et de permettre à chaque membre d’assumer la charge des responsabilités qui lui incombent et de réintégrer sa place par la mise en lumière des événements que l’on croit oubliés et des implications cachées.

Il est donc question de résoudre des « intrications », des identifications avec des ascendants. Par amour pour le système familial, un descendant, par son comportement, veut rappeler à la conscience familiale une personne « exclue » du système, une personne dont le destin n’a pas été accepté. Ce système familial est large, il comprend aussi les partenaires précédents des parents, les victimes ou les persécuteurs, les camarades de combat ou de captivité des membres de la famille.

Le thérapeute va donc rechercher et favoriser la reconnaissance du contexte, la reconquête de la gratitude mutuelle et de la confiance par le biais d’un processus pragmatique tentant une réconciliation intergénérationnelle.

Les textes entre guillemets renvoient au site de Maureen Boigen : www.psychogenealogie.com